Produit à 51 exemplaires, le type 175 devait assurer la relève du glorieux type 135. Malgré sa conception saine et ambitieuse illustré par le succès au rallye de Monte Carlo et les performances dans la Panaméricaine, la voiture souffre de mises au point permanentes liées à la qualité des matériaux (fonte, aluminium et acier) et de difficultés liées à son poids (fragilités de boîte Cotal, de pont et de cardans latéraux). Malgré ses qualités intrinsèques, la mise au point de ce modèle se révèle préjudiciable à la santé financière de l’entreprise.
Le type 175 est doté d’un moteur six cylindres verticaux avec arbre à came sept paliers, type 183 (cote 94 x 107 mm), de 4,5 litres avec un ou trois carburateurs (120 à 170 ch). La suspension hydraulique avant est de type Dubonnet et le pont arrière de type De Dion. La direction est à gauche, à la différence des nombreux modèles hérités d’avant guerre. Les freins hydrauliques sont à deux circuits séparés. Roues Rudge.
Vitesse maximale entre 145 et 170 km/h selon motorisation à un ou trois carburateurs et poids de la carrosserie (poids total entre 1600 kg et 2050 kg pour un châssis de 1100 kg).
Initialement en partenariat avec Letourneur et Marchand, le modèle est vendu exclusivement en châssis avec quelques demi séries Guilloré coach classique, cabriolet et coach “ponton” de différents carrossiers dont des splendides coupés ou cabriolets “dandy” Chapron. Quelques réalisations remarquables restent dans les annales de la carrosserie tel le coach à toit ouvrant transformable signé Saoutchik exposé sur la plaque tournante Delahaye du salon 1949, ou le flamboyant cabriolet deux places du même carrossier qui a remporté de nombreux concours d’élégance. On peut également noter l’étonnant coupé Figoni & Falaschi à toit coulissant et démontable en plexiglas (1947) avec sellerie Hermès pour le Maharadjah de Mysore.
Deux coachs tout aluminium 175 S destinés à courir le rallye de Monte Carlo 1952 (remporté avec l’équipage Trévoux/Crovetto tandis que l’équipage Chiron/Mahé termine cinquième) sont réalisés par le carrossier italien Motto. A l’instar de certains carrossiers français innovants comme Faget-Varnet ou Antem, les carrossiers italiens sont en effet prisés car ils mettent en oeuvre des procédés “tout métal” innovants par rapport aux classiques structures composite bois-métal trop lourde dont la tenue dans le temps est trop faible. Les carrossiers italiens ajoutent à ces procédés innovants des structures industrielles solides qui se différencient des “ateliers” français moins compétitifs.
C’est sur le type 175 que se noue les premiers contacts entre Delahaye et le jeune styliste indépendant Philippe Charbonneaux qui s’illustre notamment sur le dessin du type 235.
Les numéros de châssis commencent par 815001.
Le type 175 (empattement 2,95 m), dit “Sport” se complète en gamme avec le type 178 (empattement 3,15 m), dit “Léger” et le type 180 (empattement 3,2 m) dit “grosse voiture”.



