La crise qui a frappé l’industrie automobile française en 1932 a déclenché une révolution culturelle et des innovations (la Traction Citroën) d’où sortent des autos populaires plus économiques et des voitures de luxe plus performantes, comme le type 57 Bugatti et le type 150 Talbot, de grandes routières compétitives. Le six cylindres type 138 18 cv Super Luxe complète le quatre cylindres type 134 12 cv Super Luxe apparu au même salon. Le type 138 se présente très avantageusement dans ce contexte avec des performances et une vocation sportive assumée (la “voiture du record”) . Le Super Luxe 138 est bientôt complété par le Super Luxe “Sport” qui précède et prépare l’avènement du merveilleux type 135. Cette automobile incarne donc un tournant majeur dans l’histoire de Delahaye vers le luxe et la compétition.

 

 

Le type 138 est une combinaison de l’aboutissement de réalisations antérieures et d’avancées techniques sous l’impulsion de l’ingénieur Jean François qui remplace progressivement Amédé Varlet. Il utilise un nouveau châssis développé à partir de celui du type 126, 3,160m d’empattement, avec les roues avant indépendantes et une nouvelle suspension selon le principe du “parallélogramme déformable” qui permet de bien absorber les couples d’accélération et de freinage. Le six cylindres de 3227 cm3 développe une puissance de 90 cv à 3500 tr/mn (compression 6,375) avec des cotes 80mm d’alésage et 107 mm de course. 

En option, le modèle peut être équipée de la nouvelle boîte préselective Wilson. 

Sur cette base, à l’été 1933 un modèle convenablement allégé bat le record des 500 kms à plus de 158 km/h en atteignant notamment le record de 158,673 km sur une heure. Cette performance largement diffusée constitue le démarrage du virage sportif de la marque avec un tout jeune service compétition.

Produite à 292 exemplaires et 7 prototypes entre 1933 et 1935, (y compris les types 138 “sport” Super Luxe première et deuxième série), une seule catégorie d’usine est disponible au moment du lancement au salon 1933 – coach quatre/cinq places aérodynamiques Manessius, complété par des réalisations de carrossiers comme le très élégant coach Labourdette à joint “glace sur glace”. Celui-ci est complété par une gamme complète en 1934 en partenariat avec Autobineau qui inaugure son long partenariat avec Delahaye: conduite intérieure berline quatre/cinq places avec ou sans pied milieu, conduite intérieure limousine six/sept places avec porte bagage et deux strapontins, cabriolet quatre places. En 1935, apparaît au catalogue une conduite intérieure berline sans pied milieu due à Chapron. C’est la première réalisation du carrossier sur un modèle de série.  

La direction est à droite.

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