Le type 89 est un camion de tonnage moyen qui coiffe par le haut le camion “rapide et léger” type 83. Avec la même charge utile, il succède au vaillant type 59 d’avant guerre; il s’en distingue principalement par la transmission à cardan, rejoignant ainsi les modèles tourisme à cardans inaugurés vingt ans plus tôt (type 38), ainsi que par le pont arrière à double démultiplication pour réduire le poids et l’encombrement. 

Il est primé dans plusieurs concours militaires, notamment le premier organisé après la fin de la grande guerre. A la fin de sa carrière, il reçoit un équipement gazogène (89 G) et il est aussi doté d’un moteur diesel sous l’appellation type 89 A.

Comme tous les moteurs équipant les véhicules industriels de la marque dans les années 20, le type 89 est équipé d’un groupe à quatre cylindres cinq litres monobloc à soupapes latérales et culasse amovible, 100 x 160 mm d’alésage/course – initialement mis en oeuvre sur le type 59 en 1913. Le réservoir d’essence de 90 litres est placé dans le tablier avant, devant le conducteur, et alimente le carburateur par gravité. L’allumage demeure par magnéto, la transmission à quatre rapports et l’embrayage conserve son système de cône garni de cuir. Le freinage agit sur la transmission et, comme option à compter de 1926, sur les roues avant. Le freinage aux quatre roues accouplé à un servo-frein est généralisé en 1928. L’éclairage et le démarreur électrique sont en option. 

Comme sur le type 59, l’essieu avant est placé sous le moteur pour favoriser un empattement court et réduire le rayon de braquage. L’empattement du véhicule est de 4,25 mètres. Les roues sont jumelées à l’arrière. Les roues tôlées Michelin naturellement équipées de pneumatiques équipent la plupart des modèles même si celles-ci sont en option, le modèle de base étant proposé avec des roues bandage sur jantes en acier coulé. Les pneumatiques en série sur les roues avant ne sont montés qu’à partir de 1933. 

Il reçoit en 1928, sous la dénomination type 89 G, un équipement gazogène de marque Rex, fonctionnant à la carbonite ou au charbon de bois. La charge utile est réduite à 3,5 tonnes à cause du poids de cet équipement. 

En 1930, la charge utile du type 89 est augmentée à 4,3 tonnes.  

En 1932, comme le type 95 de 5 tonnes de charge utile dont la carrière est parallèle au type 89,  certains modèles reçoivent un moteur diesel 3,4 litres fabriqué par CLM (Compagnie lilloise de moteurs) sous licence Junkers. Ces modèles à “huile lourde”  baptisés 89 A ne sont pas bien vendus, sans doute du fait d’un prix rehaussé d’un tiers du prix du châssis.

Comme de coutume, le type 89 reçoit différents types de configuration dont beaucoup sont réalisées par Currus, carrossier privilégié de Delahaye à cette époque.  Les cabines sont soit ouvertes, soit semi-ouvertes (demi-portes), soit fermées, souvent avec des dais métalliques coupe-vent de forme plus ou moins travaillée. L’éclairage électrique est en option sauf la dernière année de parution du modèle au catalogue, en 1936 (le nom de Delahaye apparaît cette année là en relief en haut de la calandre). Le modèle est classiquement aménagé avec des bennes basculantes à ridelles, des citernes équipées ou non de pompes, des fourgons ouverts ou fermés, bennes à ordures, etc.. Certains modèles sont aussi aménagés en transport de passagers.  

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