Voir aussi type 78/35, type 85 et type 79.
Initialement conçu pour les militaires (primé par le ministère de la guerre en 1913), le type 59C constitue le fer de lance de la production poids lourds après guerre, sous forme de camion d’usage général aux multiples utilisations. Il existe aussi en version incendie carrossée en autopompe (AP).
Sa robustesse est amplement démontrée par les opérations militaires de la grande guerre où le type 59C s’illustre à Verdun. Il est aussi utilisé dans de nombreuses configurations militaires spéciales, en particulier dans les nouvelles unités aéronautiques et d’aérostation dont Delahaye est le fournisseur privilégié. Largement produit et contribuant à la relance de Delahaye après guerre, il continuera à rouler jusqu’à la fin des années 30, fonctionnant au gazogène.
Le camion dispose d’un moteur monobloc 4 cylindres (100×160) de 5 litres à soupapes latérales (30 ch), d’une boîte à 4 vitesses avec transmission par chaîne bien qu’apparaisse chez Delahaye à la même époque les premières transmissions à cardan. Cette chaîne est réglable en fonction des utilisations et de la nature du terrain. Le freinage agit sur la seule transmission et le frein à main sur les roues arrière. L’empattement est de 4,15 m. Équipé de roues à bandage “Bergougnan” les premières années, il est équipé de roues tôle Michelin à partir de 1922.
Le Type 59, bien que réceptionné aux mines en 1913 (puis en décembre 1921 pour la version incendie Autopompe AP), n’est d’abord utilisé que par les militaires et ne commence une carrière civile qu’en 1919.
À des fins militaires, il est prioritairement affecté avec le type 60 aux unités naissantes d’aéronautiques et d’aérostation, effectuant par exemple le transport d’ailes d’avions et de fuselage sur les théâtres d’opération (les avions étant transportés démontés).
Il est mis en œuvre pour des applications spéciales tel l’impressionnant et complexe ensemble camion et remorque buanderie-douche-désinfection, . Il est aussi construit en série sous forme d’un semi-chenillé genre half-track dont le châssis modifié est équipé de caissons blindés. Une version chenillée est équipée d’un treuil Sacconney pour cerfs volants d’observation ou d’un treuil de type Caquot. Sous cette dernière forme, sa désignation devient type 78/35. Le type 59 est aussi utilisé sous forme de camion de tirage-interprétation assorti d’une remorque-laboratoire photographique pour une augmentation des cadences de travail car certains clichés doivent être tirés en cinq mille exemplaires en moins de 24 heures, et interprétés en moins de six heures.
Dans le domaine civil, le type 59 est proposé soit en poste de conduite normal, soit en poste de conduite avancé avec cabine ouverte, fermée ou semi-fermée avec semi-portière. Ses configurations civiles sont nombreuses, tels les aménagements (par exemple par le carrossier Currus voisin de Delahaye à Paris) du plateau arrière en version brasseur (transport de demi-muids ou tonneaux de grande dimension) ou porte bidons (100 bidons sur deux étages) ou porte bouteilles, ou fourgons de déménagement, transport agricoles de grains et de fourrages, transport de profilés métalliques longs avec cabine rétrécie pour le passage latéral des profilés dépassant le radiateur à l’avant, tonne de vidange, et surtout montage avec des dispositifs variés de bennes: coulissante par le carrossier Bouissou, à basculement latéral de marque Halp par le carrossier Paquette, basculante par le carrossier Fouchée, basculante avec câble à vérins (procédé Wood), basculante couverte pour la collecte des ordures ménagères, etc. Ces configurations sont largement mises à contribution pour les opérations de déblaiement et de transport dans les régions sinistrées dans la période de reconstruction intense de l’après guerre
Il existe aussi sous forme d’omnibus, type 59 OM, avec des configurations à quatre ou cinq banquettes, entièrement carrossé ou découvert avec dais complété par des panneaux latéraux ou avec capote en carrosserie torpédo, pour des utilisations touristiques dans les routes escarpées (autocars alpins par exemple) ou pour des liaisons régulières (ligne Alger – Bou Saada en Algérie).
Après la guerre, le type 59 C est renforcé avec la même architecture pour la mise au point d’un modèle de 5 tonnes de charge utile, le type 85 C.
Les types 59 C et 85 C sont remplacés au catalogue par les types 89 C et 95 C, respectivement en 1925 et 1926, quatre et cinq tonnes de charge utile.






