L’Histoire de  la marque Delahaye est intimement liée à la compétition. Emile Delahaye, fondateur de la marque, a lui-même couru avec ses automobiles pour prouver à la France et au monde entier la valeur de ses automobiles.

Dès 1896, soit à peine 2ans après ses débuts, Delahaye a ainsi engagé des véhicules sur les épreuves les plus exigeantes de l’époque : Paris-Marseille-Paris, Paris-Dieppe, Paris-Amsterdam-Paris…

Les courses se couraient sur des routes rudimentaires et s’y côtoyaient alors voitures à vapeur, voitures à moteur à explosion et autres inventions de ces pionniers de l’automobile que furent les participants. Les productions Delahaye remportent de nombreuses victoires dans leurs catégories et se classent honorablement au classement général. Mais en 1899, Emile Delahaye choisit de se désengager de la compétition automobile après une dernière victoire sur Nice-Castellane-Puget-Théniers-Nice

Des années 1900 à la fin des années 1910, Delahaye s’est illustré dans le motonautisme, remportant là encore de nombreux prix. L’apogée de cette période fut atteinte avec le moteur Titan développant jusqu’à 350CV. La marque Delahaye continuera toutefois à être présente dans diverses compétitions automobiles grâce à ses clients, qui n’hésitent pas à engager leur véhicule de tourisme en compétition, prouvant là encore la robustesse et les performances exceptionnelles des productions.

Pendant cette période, Delahaye est aussi au cœur des expéditions sahariennes du Prince Sixte de Bourbon à 3 reprises : en 1915 parvenant à Ouargla en Algérie, en 1929 reliant Alger au Tchad soit un Aller-Retour de 17 000kms et en 1932 lors d’une boucle de 12000 kms dans le Sahara Oriental  au départ de Tunis.

Le retour aux affaires s’effectue dans la deuxième moitié des années 1930 avec l’avènement de la 135.

Le châssis 135 est équipé d’un moteur 6 cylindres en ligne dont la puissance pouvait atteindre 155cv. Sa production s’est étendue de 1934 à 1951 avec l’avènement des 235. Pendant une vingtaine d’années, la série 135, par ailleurs source d’inspiration pour les plus grands carrossiers de l’époque, a permis à la marque Delahaye de se constituer avec le même type moteur un palmarès dont la diversité reste admirable aujourd’hui : Records du Monde, Coupe des Alpes dès 1934, Rallye de Monte-Carlo, les Vingt-Quatre Heures du Mans 1938 et trois Paris-Nice.

A ces victoires s’ajoutent de nombreux autres succès en Grand Prix, courses de côte, rallyes régionaux, Tour de France Automobile et autres coupes. Delahaye disposait d’un département compétition officiel, avec des véhicules usines confiés notamment aux époux Schell de l’Ecurie Bleue. Mais les clients de la marque eux-mêmes,  à une échelle bien supérieure aux années 20, participaient en catégorie «  grand tourisme sport » à diverses épreuves, répandant le prestige de la marque et contribuant à forger la légende.

 

Face aux nombreux succès de la 135, Delahaye développa en 1937 le type 145 à moteur V12 4.5L pour répondre aux normes 1938 de la formule internationale de course (l’ancêtre de la F1 moderne) C’est avec cette auto que René Dreyfus remporta en 1937 le « prix du Million » en réalisant 200Km à Montlhéry à 146,508 km/h de moyenne soit 2% plus vite que la meilleure moyenne historique sur 200k à Montlhéry établie en 1934 par Louis Chiron sur une Alfa Romeo 2,9L lors du Grand Prix de l’ACF (143,636 km/h) La 145 lui permis ensuite de remporter le grand Prix de Pau puis de Cork en Irlande en 1938, faisant de la 145 la seule voiture européenne capable de battre à la régulière les Mercedes ultra-dominatrice, l’Allemagne étant alors sous régime nazi, qui utilisait la compétition automobile comme propagande de sa puissance.

Aux côtés de la 145, biplace, le type 155 existait et n’était en fait qu’une version monoplace de la 145. Les deux types châssis poursuivirent leur carrière après-guerre, notamment avec Eugène Chaboud, remportant de nombreux succès de prestige. Eugène Chaboud utilisa également sur certaines de ces autos le moteur 6 cylindres 4,5L de la 175 car, fidèle à sa philosophie, ce moteur, tout comme le 4.5L V12 proposé sur les types 145 et 165, a été utilisé sur les voitures de tourisme que Delahaye proposait à ses clients.

Dans l’immédiat d’après-guerre, les Delahaye avaient les faveurs des organisateurs de courses car même avec des modèles parfois âgés de 20ans, les pilotes se classaient honorablement grâce à la robustesse et aux performances de leur Delahaye, là où d’autres marques comme Talbot, Bugatti ou Maserati, Ryley ne finissaient pas la course par manque de fiabilité.

Après la victoire du type 175 au Monte Carlo 1951 de Jean Trévoux et Roger Crovetto, la 235 vint perpétuer la réputation de la marque en établissant en 1953 un record de vitesse sur le parcours le Cap –Alger aux mains de Crespin et Heurtaux. La marque disparait en 1954 mais la présence en compétition des productions Delahaye subsistera quelques années.

Pour plus d’information, vous pouvez également consulter l’ouvrage de François JOLLY, DELAHAYE Sport et Prestige